Tsunami de fermetures de restaurants : quelles opportunités pour les PME québécoises en 2025 ?
Depuis 2023, le secteur de la restauration traverse une véritable tempête au Québec et partout au Canada. Hausse des coûts, baisse de la fréquentation, pénurie de main-d’œuvre : les fermetures s’enchaînent, au point où on parle désormais d’un véritable “reset” de l’industrie. Selon une analyse de l’Agri-Food Analytics Lab de l’Université Dalhousie, environ 7 000 restaurants ont fermé au Canada en 2025, et on en prévoit 4 000 supplémentaires en 2026, soit 11 000 fermetures en deux ans à l’échelle nationale.[1] Dans ce contexte difficile, le Québec est particulièrement touché : près de 15 % des restaurants auraient fermé depuis la pandémie, et la province représente plus de 60 % des faillites de restaurants au pays en 2024.[2]
Pour les propriétaires de PME québécoises, cela ressemble à une mauvaise nouvelle… mais c’est aussi une occasion unique de repositionnement, de rachat d’actifs et de diversification. Cet article propose une lecture stratégique de ces fermetures et des pistes concrètes pour transformer cette crise en opportunité, notamment grâce au numérique, à l’intelligence artificielle et à l’optimisation des opérations.
1. Comprendre la vague de fermetures : chiffres clés 2024-2026
Avant de parler d’opportunités, il faut bien saisir l’ampleur et les causes du phénomène. Les fermetures de restaurants ne sont pas un simple ajustement cyclique ; il s’agit d’une recomposition profonde du marché.
Quelques données récentes parlent d’elles-mêmes :
- Au Canada, 7 000 restaurants auraient fermé en 2025, et les projections parlent de 4 000 fermetures supplémentaires en 2026 selon un rapport de l’Université Dalhousie, soit 11 000 disparitions en deux ans.[1]
- Selon Restaurants Canada, 62 % des restaurants au pays opéraient à perte ou à peine à l’équilibre début 2024, contre seulement 10 % avant la pandémie. Les faillites ont bondi de 44 % en 2023, un record sur dix ans.[3]
- En 2024, un rapport de Raymond Chabot Grant Thornton indique que le Québec est le leader canadien des faillites dans la restauration : 423 restaurants y ont déclaré faillite, soit 63,3 % de toutes les faillites de restaurants au Canada et une hausse de 4,2 % sur un an. Depuis la pandémie, près de 15 % des restaurants québécois ont fermé.[2]
- L’Association Restauration Québec (ARQ) estime qu’environ 20 % des établissements ont fermé depuis le début de la pandémie, le nombre de restaurants passant d’environ 21 000 à 17 000.[4]
- Sur le plan des ventes, Restaurants Canada note que la croissance nominale est modeste, et une fois l’inflation déduite, les ventes réelles sont légèrement négatives en 2024 au niveau national.[5] Pour 2025, la croissance réelle anticipée des ventes de restaurants est d’à peine 0,8 %, soit une progression très fragile.[6]
Les principales causes structurelles de ces fermetures sont bien identifiées :
- Inflation et coûts des intrants : hausse des prix des aliments, de l’énergie, des loyers commerciaux.
- Pression salariale et pénurie de main-d’œuvre : le secteur reste l’un des plus touchés en termes de postes vacants, obligeant à augmenter les salaires et à réduire les heures d’ouverture.
- Endettement post-pandémie : de nombreux restaurateurs n’ont pas réussi à absorber la charge des prêts gouvernementaux (comme le CUEC) et des reports de loyers.
- Changement de comportement des consommateurs : plus de 36 % des Canadiens déclarent aller moins souvent au restaurant, toutes générations confondues, pour des raisons de budget et de priorisation des dépenses.[6]
Pour les PME québécoises, ce portrait peut sembler sombre. Pourtant, dans tout cycle de consolidation, des espaces se libèrent pour les acteurs agiles, numériques et bien positionnés. La clé consiste à lire ces tendances non pas uniquement comme une menace, mais comme un repositionnement global du marché alimentaire, où de nouvelles formes d’offres (prêt-à-manger, cuisines virtuelles, traiteurs, e-commerce alimentaire) gagnent du terrain.
2. Moins de restaurants, plus de place pour les concepts agiles et hybrides
La fermeture de milliers de restaurants signifie mécaniquement une réduction de la concurrence physique directe dans de nombreux quartiers et villes du Québec. Mais l’espace laissé vacant ne sera pas nécessairement repris par des restaurants traditionnels. On observe plutôt l’émergence de modèles hybrides qui combinent restauration, commerce en ligne, livraison, épicerie spécialisée, événements et expériences.
Quelques opportunités concrètes pour les PME :
- Reprise de locaux à moindre coût : de nombreux baux commerciaux se retrouvent disponibles, souvent avec des propriétaires plus ouverts à la négociation (loyer de base réduit, contributions aux améliorations locatives, durée flexible). Pour une PME qui souhaite lancer un concept alimentaire, un café de quartier, une microbrasserie ou un espace hybride (boutique + café), c’est un moment stratégique pour négocier des conditions avantageuses.
- Concepts plus légers et plus rentables : dark kitchens, comptoirs à emporter, kiosques saisonniers, food trucks augmentés par un système en ligne performant. Au lieu d’un grand restaurant à service complet, plusieurs entrepreneurs privilégient un modèle allégé qui nécessite moins de personnel en salle et une gestion plus souple des stocks.
- Positionnement de niche : alors que des chaînes ou des restaurants généralistes ferment, des niches demeurent sous-exploitées : alimentation santé locale, options végétaliennes de qualité, offres ethniques authentiques, menus axés sur les produits du terroir québécois, expériences culinaires immersives (cours de cuisine, dégustations guidées, accords mets-vins ou mets-bières).
- Synergies avec d’autres PME : plusieurs commerçants de détail (microbrasseries, torréfacteurs, artisans alimentaires, boutiques zéro déchet) peuvent profiter des fermetures de restaurants pour ouvrir des espaces mixtes, où dégustation, vente au détail et événements se combinent.
Cette transition vers des modèles plus agiles demande toutefois une exécution extrêmement disciplinée : contrôle serré des coûts, capacité à ajuster rapidement l’offre, bonne compréhension des données de ventes et des habitudes clients. C’est précisément ici qu’interviennent les outils numériques modernes : gestion CRM, systèmes de commande en ligne, automatisation marketing, tableaux de bord en temps réel, etc.
Pour une PME québécoise qui envisage de se lancer ou de se repositionner dans le secteur alimentaire, la question n’est plus seulement « ouvrir ou ne pas ouvrir un restaurant », mais plutôt : « Quel modèle hybride, rentable et technologiquement soutenable puis-je bâtir à partir de ces nouvelles conditions de marché ? »
3. Du “restaurant traditionnel” à l’écosystème numérique : livraison, boutiques en ligne et données
La pandémie a accéléré une tendance irréversible : la restauration n’est plus un secteur uniquement physique. Les entreprises qui tirent leur épingle du jeu en 2024-2026 sont celles qui ont su bâtir un écosystème numérique complet autour de leur offre alimentaire. Pour les PME québécoises, cela ouvre plusieurs types d’opportunités, même sans exploiter une salle à manger traditionnelle.
Parmi les axes stratégiques les plus porteurs :
- Boutiques en ligne alimentaires et prêt-à-manger : plutôt que d’investir massivement dans une grande salle de restaurant, une PME peut développer un site d’e-commerce pour vendre des produits cuisinés, des boîtes repas hebdomadaires, des sauces maison, des pâtisseries sur commande, etc. La fermeture de nombreux restaurants laisse des clients à la recherche d’alternatives pratiques et de qualité pour manger à la maison.
- Commandes en ligne et pick-up optimisé : les consommateurs québécois se sont habitués à commander en ligne, récupérer sur place ou se faire livrer. Une plateforme web bien conçue, intégrée à un système de paiement sécurisé et à un module de réservation ou de commande, devient un avantage compétitif majeur, surtout si elle évite les commissions élevées de certaines plateformes tierces.
- Exploitation des données clients : dans un contexte où une large part des restaurants opèrent à perte, la différence entre survivre et fermer tient souvent à la capacité de comprendre et fidéliser sa clientèle. Un CRM adapté aux PME permet de suivre la fréquence de visite, le panier moyen, les préférences alimentaires, et d’automatiser des campagnes ciblées : offres pour clients inactifs, promos d’anniversaire, menus spéciaux pour les meilleurs clients, etc.
- Marketing numérique géolocalisé : lorsque des restaurants ferment dans un secteur donné, un « vide » se crée dans l’offre locale. Une PME bien outillée peut cibler précisément ces quartiers via la publicité en ligne (Google, réseaux sociaux), en mettant en avant la livraison, le ramassage et des offres d’introduction pour attirer les clients orphelins de leurs adresses habituelles.
Dans cet environnement, l’intelligence artificielle devient un allié stratégique. Des chatbots IA peuvent répondre automatiquement aux questions fréquentes (horaires, allergènes, menus, disponibilité), prendre des réservations, recommander des produits, ou encore aider à gérer les avis clients. Les PME qui intègrent ces outils réduisent la pression sur leurs équipes tout en améliorant l’expérience client.
En d’autres termes, les tendances de restaurants closing ne signifient pas la fin de la restauration, mais une migration vers des modèles plus numériques, plus intégrés et plus centrés sur la donnée. Les PME québécoises prêtes à investir intelligemment dans leur présence en ligne et dans l’automatisation sont en bonne position pour capter la demande qui se détourne des restaurants traditionnels en difficulté.
4. Comment une PME québécoise peut saisir ces opportunités dès maintenant
Face aux prévisions de fermetures massives (jusqu’à 11 000 restaurants au Canada d’ici la fin de 2026[1][9]), l’enjeu pour les PME québécoises n’est pas d’attendre « la fin de la crise », mais de poser dès maintenant les bases de leur modèle d’affaires de demain. Voici un plan d’action pragmatique en quatre volets.
1. Cartographier les opportunités locales
- Identifier les quartiers où plusieurs restaurants ont fermé (artères commerciales, centres-villes, zones périurbaines en croissance).
- Observer quelles offres disparaissent (cuisine familiale, brunch, cuisine du monde, options santé) et où se situent les trous dans l’offre.
- Analyser les données publiques (statistiques municipales, organismes de développement économique) et les sources sectorielles comme Restaurants Canada pour valider la tendance.[3][6]
2. Choisir un modèle d’affaires résilient
- Évaluer si l’on vise un restaurant « classique » ou un modèle hybride : comptoir + livraison, traiteur + boutique en ligne, atelier culinaire + vente de produits, etc.
- Penser en termes de flux de revenus multiples : restauration sur place (si pertinent), vente en ligne, abonnements (boîtes mensuelles), événements privés, produits dérivés.
- Intégrer dès la conception une logique de coûts fixes minimaux : surface optimisée, automatisation des tâches répétitives, standardisation de certaines recettes pour limiter le gaspillage.
3. Poser une fondation numérique solide
- Investir dans un site web professionnel clair, rapide et orienté conversion (commande, réservation, prise de contact). Une agence spécialisée comme Nuaweb peut accompagner la création de site web adaptée aux réalités des PME québécoises.
- Mettre en place une plateforme de commande ou de réservation en ligne intégrée à un système de paiement sécurisé et à une gestion des stocks.
- Déployer un CRM pour suivre les clients, segmenter la base et automatiser le marketing personnalisé (infolettres, SMS, campagnes ciblées).
- Explorer les outils d’IA : chatbots pour répondre 24/7, recommandations automatiques de menus, prévision de la demande pour mieux planifier les achats et le personnel.
4. Mesurer, ajuster, optimiser
- Suivre régulièrement quelques indicateurs clés : coût matière / ventes, coût de main-d’œuvre / ventes, panier moyen, taux de récurrence clients, taux de conversion des campagnes marketing.
- Tester de nouvelles offres (menus saisonniers, boîtes thématiques, partenariats locaux) sur de petits échantillons, mesurer les résultats, puis déployer à plus grande échelle.
- Rester à l’affût des aides gouvernementales ou mesures fiscales visant à soutenir la restauration et les PME, qui peuvent améliorer significativement la rentabilité.
Le contexte 2024-2026 est complexe, mais il favorise les entrepreneurs capables de combiner vision d’affaires, ancrage local et maîtrise du numérique. Les fermetures massives sont douloureuses pour l’écosystème, mais elles libèrent aussi de la place pour des acteurs mieux adaptés aux nouvelles réalités économiques et technologiques.
Conclusion : transformer la crise de la restauration en levier de croissance pour votre PME
Les dernières statistiques sont claires : le secteur de la restauration au Québec et au Canada vit une période de forte consolidation, marquée par une vague de fermetures sans précédent. Québec concentre une part disproportionnée des faillites, tandis que, à l’échelle nationale, on anticipe la disparition de plus de 11 000 restaurants sur 2025-2026.[1][2][9] Pour les PME québécoises, cela peut signifier une baisse de trafic dans certains secteurs… mais aussi une fenêtre exceptionnelle pour repenser leur positionnement, leurs canaux de vente et leur modèle d’affaires.
Les opportunités se situent là où les anciens modèles montrent leurs limites : reprise de locaux à de meilleures conditions, création de concepts plus légers et hybrides, déploiement de boutiques en ligne alimentaires, utilisation stratégique de la donnée client, automatisation par l’IA, et intégration d’un CRM pour maximiser chaque relation client. Les PME qui sauront se doter d’une infrastructure numérique robuste et d’une stratégie claire pourront non seulement survivre à cette période de turbulences, mais aussi croître sur les cendres de modèles dépassés.
Si vous êtes propriétaire d’une PME au Québec – qu’il s’agisse d’un restaurant, d’un traiteur, d’une entreprise de prêt-à-manger ou d’un commerce alimentaire – vous n’avez pas à affronter seul cette transformation. Nuaweb accompagne les entreprises québécoises dans la mise en place de solutions d’IA, de sites web performants, de CRM et de plateformes e-commerce parfaitement adaptées à leur réalité.
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Références :
[1] Agri-Food Analytics Lab, Université Dalhousie – Prévisions de fermetures de restaurants au Canada 2025-2026.
[2] Raymond Chabot Grant Thornton – « Quebec’s restaurant industry: challenges and sustainable solutions », 2024.
[3] Restaurants Canada – « Challenges for the Restaurant Industry Persist into 2024 after Record Breaking Bankruptcies », 2024.
[4] Association Restauration Québec (ARQ) – données citées par divers médias québécois, 2023-2024.
[5] Restaurants Canada – « Restaurant sales stumble in September with weakest nominal growth of 2024 », décembre 2024.
[6] Restaurants Canada – prévisions de ventes 2025 et évolution de la fréquentation, 2025.




